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12.04.2007

Pline le jeune

Pline avait étudié toute la journée, assis sur le banc de l’atrium, levant parfois les yeux sur les colonnes recouvertes de stuc rose qui supportaient la galerie. Il avait beau adorer son oncle et tenir en haute estime son esprit méthodique, il n’avait pu s’empêcher de tomber deux fois assoupi à la lecture du passage concernant l’organisation de l’armée romaine lors de la quatrième guerre germanique. La chaleur douce de ce mois d’août, le bourdonnement des frelons, le ruissellement discret de la fontaine au centre de l’atrium, la rumeur de la rue où circulaient à grands fracas les chars, poussés dans les ornières qui creusaient les pavés, tout le poussait à une torpeur bienheureuse.

« Je voudrais tellement être savant comme mon oncle… », songeait Pline avec ardeur. Mais le souci du devoir familial, et surtout les aspirations maternelles, le poussaient vers une carrière politique qui lui offrirait pouvoir et argent. Et cependant, Pline aurait donné beaucoup pour être dispensé ce soir même de sortir à la nuit tombée, les scandales emmaillotées dans des chiffons pour étouffer son pas, etse faufiler jusqu’à la rue de l’Abondance pour barbouiller les murs des graffitis à la gloire de son candidat aux élections des édiles.

Etudier, capturer des papillons pour les disséquer, passer de longues journées penché sur un livre ou sur les ailes poudreuses d’un insecte expirant, tels étaient les plaisirs du jeune Pline au sortir de l’adolescence.

Il venait enfin de terminer la description de la quatrième guerre germanique, et de préparait à sortir faire les courses, quand il entendit un grondement sourd, prolongé par les vibrations bien connues, qui au bout de quelques minutes effritaient quelques parcelles de stuc qui tombaient des colonnes comme des coquilles d’œuf. Pine leva les yeux vers le Vésuve : le serpent de fumée, apparu la semaine dernière, continuait inlassablement de grimper pour se dissoudre dans l’air pur.

Pline soupira et se mit en route pour les courses, en vue de leur départ le lendemain pour Misène.

 

 

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