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23.11.2006

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Quand j'ai appuyé sur le bouton Send j'ai eu un petit peu l'impression d'appuyer sur Start.

Elle est

Blonde...

Souriante...

Intelligente (donc ce n'est pas Ophélie Winter, jusque là ça collait bien pourtant)...

Et si elle daignait me consacrer un mois de sa vie elle ferait de moi la plus heureuse des femmes (no hint)

Et oui, vous l'avez tous immédiatement compris: ce n'est pas Dorothée, même si je suis très nostalgique de mon enfance avec l'approche de Noël ; c'est bien sûr Margaret Milan ! Pas de mots pour étaler mon admiration pour cette femme entrepreneur qui a développé son entreprise comme on nourrit un bébé rhinocéros. Du jour où elle n'a plus su la contenter toute seule, elle l'a mise en pension chez Pinault Printemps Redoute, qui l'a bien nourrie jusqu'à ce qu'elle devienne le monstre d'aujourd'hui.

Eh bien aujourd'hui, je demande conseil à Margaret Milan. Premier pas ou bouteille à la mer, ça valait la peine rien que pour le clic.

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Eveils et Jeux Zé jeux d'éveil

21.11.2006

Entre l'ennui et les ennuis

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 (c'est que la photo d'avant faisait baisser le traffic)

Un éternel optimiste de mes proches disait: "au cours d'une vie, il faut sans cesse choisir entre l'ennui et les ennuis" (oui c'est pas très enthousiasme et paillettes).

Petite phrase de Simone de Beauvoir pour bercer votre premier sommeil de la semaine et poser la vraie question de l'Homme:

"[...] Incapable de s’accomplir dans la solitude, l’homme dans ses rapports avec ses semblables est sans cesse en danger : sa vie est une entreprise difficile dont la réussite n’est jamais assurée.
Mais il n’aime pas la difficulté ; il a peur du danger. Il aspire contradictoirement à la vie et et au repos, à l’existence et à l’être ; il sait bien que l’inquiétude de l’esprit est la rançon de son développement, que sa distance à l’objet est la rançon de sa présence à soi ; mais il rêve de quiétude dans l’inquiétude et d'une plénitude opaque qu'habiterait cependant la conscience."

Ne trouvez-vous pas que cela résume tellement bien l'éternel arrachement à une continuité bienheureuse qui cependant ne pourra jamais nous satisfaire, pour nous précipiter dans le torrent de l'action et du danger ? La note de Second Flore l'avait déjà très bien dit, un peu autrement...

 

19.11.2006

Spécial dédicace

On m'a demandé de l'optimisme: en voici en barres.

Après toutes ces contestations, polémiques et débats conceptuels qui font mousser le cervelet, revenons un peu dans le monde du réel. Et rappelons-nous notre enfance où nous décorions des oeufs évidés de petites perles plates multicolores, cousions besogneusement des tapisseries sur des canevas en plastique pour la fête des mères et cuisions de la pâte à pains en forme de coeur...

Car après le forage intensif du neurone pour en sortir des concepts qui font avancer (?) le monde économique, politique ou universitaire, après les manips de biotech ou de vovol, rien n'ouvre plus les yeux que les menus travaux pratiques, surtout quand c'est pour élaborer fil à fil un magnifique objet très utile pour ceux qu'on aime... 

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15.11.2006

Welcome to Prison School

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Michel Foucault, Surveiller et punir

 

Fondement de l’harmonie sociale, ou forme d’oppression qui s’auto-régénère à travers les âges, l’école s’applique à lisser nos individualités pour nous laisser le cœur vide. Supposons que vous êtes un rebelle né. Dès le lit-cage vous avez inventé une méthode d’auto-catapultage pour vous évader de vos barreaux et aller piquer des barbies de votre sœur aînée (comportement au demeurant pathologique qui fera l’objet d’une note ultérieure). Lors de votre première fugue à cinq ans, vous kidnappez votre petit frère, que vous cachez dans la cabane de jardin de la voisine alors que tout le village vous imagine tous deux aux griffes du Loup Garou.

Heureusement nos amis les maîtres d’école vont vous calmer un peu. Au fil d'heures de répression en tous genres et sans discernement dispensée par des êtres plus forts que vous, vous vous concédez à vous-même de menus écarts avec votre rébellion chérie. Vous voici alors insidieusement reparti sur le droit chemin de l’obéissance. Vous abdiquez. A 18 ans, vous passez votre bac avec la mention assez bien. Vous commencez un boulot de technicien spécialisé en béton pour sols de cuisine et vous installez à Chatillou les Pins avec Jeannette. A 35 ans vous êtes déjà mort.

He bien, l’Ecole vous a tuer. Que fait l’école ? Elle classe les petits enfants en rangs d’ognons qu’elle processe, comme dans la chaîne du hamburger au Mac Do. Ne pas trop poser de questions, suivre la Règle , être appliqué sans être brillant, car qui dit brillant dit problème de l’autre côté du chemin de la normalité, problème avec les autres élèves qui d’instinct détestent le bon élève. Faire le moins de bruit possible, surtout, ne pas se planter.

Mais qui peut vivre pour de vrai ? Sont-ce ces hordes de moutons têtes basses ? Eh non, vivra celui qui aura miraculeusement protégé en son sein un peu de cette énergie brute, de cette insolence, de cette audace qui fait qu’on vit vraiment. Nietzsche a dit (en gros et imagé), le Christianisme nous lobotomise et nous conditionne pour être de parfaits esclaves bien rancuniers. Heureusement, l’école laïque a pris le relais du catéchisme.

08.11.2006

En mineur les basses, Mesdames

 

 

Grandes Ecoles au Féminin va bientôt publier les conclusions d’une étude fondée sur un petit sondage innocent, envoyé à des hommes et des femmes diplômés desdites écoles. Je vous reparlerai dès que possible de cette étude, dont les millésimes passés ont toujours donné des résultats tout à fait étonnants.

Ainsi, à la question « Les femmes vous paraissent-elles désavantagées dans leur carrière par rapport aux hommes ? », la plupart des hommes répondent « Non ». A la question « Les femmes font-elles face à plus de difficultés que les hommes pour conjuguer vie professionnelle et vie privée ? », ces Messieurs répondent encore « Non ».

D’où on pourrait hardiment conclure qu’à part au fin fond de l’Arabie Saoudite, les hommes et les femmes sont dans le même bateau, donc arrête un peu de râler Germaine, et passe-moi les brocolis.

Et si on recadrait un peu le débat ? Mmhh ?

Le rapport du 22 février de la Commission Européenne nous rappelle gentiment que les femmes :

- se retrouvent essentiellement dans des activités et des professions traditionnellement féminines, ce qui a renforcé la ségrégation sur le marché du travail ;

- sont davantage concernées par le travail à temps partiel que les hommes (32,6% des femmes actives contre seulement 7,4% des hommes actifs) ;

- rencontrent des plus grandes difficultés pour concilier vie professionnelle et vie privée, ce qui nuit à leur carrière. Les femmes ne représentent que 32% des cadres des entreprises, 10% des membres des conseils d'administration et 3% des directeurs généraux des grandes entreprises. Enfin, dans les secteurs de l'éducation et de la recherche, très nombreuses à obtenir un diplôme (43% des titulaires de doctorat sont des femmes), les femmes disparaissent au fur et à mesure qu'elles gravissent les échelons (seuls 15% sont titulaires d'une chaire) ;

- et, pompon final, subissent un écart salarial considérable. En moyenne, les femmes gagnent 15% de moins que les hommes pour chaque heure de travail.

 

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Heureusement les hommes savent au fond raison garder, malgré leur enthousiasme paritaire : à la question « Préféreriez-vous être un homme ou une femme ? » les hommes répondent : « Un homme [pardi] ».

06.11.2006

Tranche de vie

Comme aujourd'hui j'ai passé une vraiment bonne journée qui fut aussi le jour de mon 100ième commentaire (Merci Danton) je m'abandonne le temps d'une note à l'épanchement sur blog.

 Des fois quand même, c'est cool le bizness.

Aujourd'hui, lever à 6h (seul point noir de la journée). Puis Lounge Air France (après m'être fait subtilisé par la poubelle verte de l'aéroport tous mes brillants à lèvres et autres substances louches que je promène habituellement en avion), là paf je barbotte 3 pains au chocolat, 4 magazines et deux petites madeleines sous plastique, je sais c'est berk mais j'adore, puis l'avion où j'ai lu le Elle dont parle la Loute dans son poste de la semaine dernière (vous pensez bien que vu le titre je l'ai eu gratuit et que j'allais pas l'acheter, non plus).

Puis puis puis, arrivée à Milan à midi, attention la demi-heure de travail de la journée on recompresse le cerveau devant le client tout ébouriffé de nos talents en veux-tu en voilà.

Après, j'ai donné leur après-midi à mes neurones et je les ai emmenés faire du shopping chez Prada (on n'a pas acheté grand chose mais c'est surtout que y avait rien qui nous plaisait, hein).

 Retour maison 17h. Le bizness comme j'aime.

  

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 Le Bizness trip à Acapulco c'est bien aussi

03.11.2006

Attaquez de biais

Poursuivons nos réflexions sur un petit cas fictif:

Vous avez envie d’une paire de pantoufles en fourrure en forme de vaches, avec des oreilles noires et blanches et la langue tirée (si ça existe). Ca vous a pris un matin au réveil, et depuis vous n’en démordez plus. Il ne se passe pas une minute sans que vous n’y fassiez allusion, et même si un collègue vient vous entretenir des problématiques de rareté sur les marchés de matière première, vous trouvez le moyen de rétorquer, « c’est comme les pantoufles en forme de vache, c’est rare ». Vous êtes donc méchamment atteint.

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 Jour après jour dans votre esprit intoxiqué du double objet bicolore et poilu, vous échafaudez une stratégie imparable pour sécuriser à tout prix son achat. Une illumination nocturne (tiens donc les bonnes idées de l’insomnie de 4h du mat !) vous suggère de prendre un train dès l’aube pour le fin fond du Larzac, où Monsieur Seguin en fabrique encore deux paires par an.

Vous arrivez le lendemain même à 21h, après un voyage épuisant et un lumbago attrapé dans le train régional, pour découvrir que Monsieur Seguin s’est fait manger par le loup du village le mois d’avant.

Vous êtes dépité. Le dépit vous gagne.

Vous décidez alors bruyamment de lâcher l’affaire, pour vous avouer à vous-même avec surprise qu’au fond ça vous était égal.

Alors quelle est la leçon ? (et ne me faites pas croire que vous n’avez rien compris ou que vous n’avez jamais rêvé de pantoufles en forme de vaches, je serai inflexible).

La leçon, miraculeusement résumée par Pretty Vacant, mais en live et pas sur son blog : savoir prendre les choses de biais. Prenez les choses en frontal, elles vous le rendront bien. Avez-vous déjà essayé de poursuivre un / une amoureux(se) dont vous étiez épris(e) à vous rendre malade ? Dites-moi, la stratégie de la glu a-t-elle jamais été efficace ?

Ne vous est-il pas arrivé mille fois de tirer sur une corde à vous en rompre la peau des mains, pour enfin obtenir un objet qui vous était pour finir indifférent ?

Quelque chose que l’école ne nous a jamais appris : laisser faire. Attendre. Voir venir. Savoir patienter dans le flou. Que c’est donc désagréable l’incertitude…

01.11.2006

Violence at work

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A l'occasion de la sortie du livre de la sociologue Christine Marsan sur les Violences en entreprise, interrogeons-nous sur les pressions que nous subissons au quotidien dans notre bureau préféré.

- Pression du boss: surtout s'il est perpétuellement sur votre dos, à vous envoyer des mails toutes les 5 minutes (vécu), courir dans les corridors à votre recherche, ous faire des procès d'intention sans fondement et fondre en larmes en pleine réunion avec le client (vécu aussi, et je dois bien avouer que c'était une femme)

- Pression des subordonnés: vous avez-beau leur fourguer le modèle excel le plus foireux pour les occuper dix jours de suite en toute autonomie, ils vous reviennent en boomerang au bout d'une demi heure pour vous assomer de questions sur les raccroucis clavier. Ou pire ils vous laissent croire que tout va bien jusqu'à la veille de la préz client, où vous découvrez décomposé qu'ils ont passé 98% des dits-dix jours à désespérer de leur incompétence

- Pression de vos collègues: naturellement moins forts que vous, ils ne cessent de vous savonner la planche auprès du grand manitou en faisant croire que vous passez votre journée à lire des blogs au lieu d'avancer la procédure 144A (ça se saurait)

 Mais surtout, surtout... Pression de vous-mêmes. Ancien cancre, vous vous êtes promis de prendre votre revanche sur le premier de la classe et passer votre temps obnubilé sur les moyens de parvenir et de les écraser tous. Ancien bon élève, vous vous rongez les sangs que le patron puissent éventuellement trouver que votre boulot laisse à désirer - quand bien même vous luttâtes jusqu'à 3h du mat à la lampe frontale hier soir pour le finir.

 Bref, faut se résigner: la condition de l'homme moderne c'est l'esclavage consenti.

(sur ce excusez-moi j'ai du trop travailler un 1er novembre)

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